vendredi 24 juin 2011

Charlotte Gallois et Sara Tauzin de l'Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes : ?Nous tâcherons de trouver un marché pour écouler les produits de la coopérative en France?

Libé : Comment vous est venue l'idée de venir ici apprendre aux femmes de fabriquer du savon à partir de l'huile d'argan? Charlotte Gallois : D'abord, je tiens à préciser que nous faisons partie des membres de l'Association des ingénieurs sans frontières. Et comme nous sommes des élèves ingénieures en chimie, nous voulions fructifier nos acquis cognitifs et en faire bénéficier des populations, qui sont dans le besoin. Donc, ce projet rentre dans le cadre de notre action au sein de l'Association. C'est un projet purement humanitaire qui vise à aider, surtout les femmes dans une situation de vulnérabilité sociale, victimes de l'exclusion sociale et économique. Nous pensons également par là concourir à la mise en place par ce biais d'un projet intégrant la notion d'un tourisme solidaire, vert. Puisque la région fréquentée actuellement de temps à autre par les touristes, est promue à devenir une destination à part. D'autant qu'une auberge est ouverte dans le village, avec à l'en! tour des motifs d'attraction : propositions de pratique de randonnée dans les montagnes avoisinantes, visite des anciens pressoirs fonctionnant avec des meules en pierre pour produire l'huile d'olive, achat de divers produits de terroir, etc. Donc, c'est très prometteur ! Vous avez jeté votre dévolu sur le village reculé de Toumanar pour le faire bénéficier de ce projet. Racontez-nous le pourquoi de ce choix. Sara Tauzin : C'est vrai que cela suscite la curiosité ! Mais, rien qu'à savoir que ma mère (Rachida Belouaza) a des origines marocaines, on a eu le déclic. Ainsi, c'est grâce à ce lien qui m'attache au Maroc que nous avons décidé de porter ce projet ici. Ma mère m'a souvent parlé de son pays, et de là j'ai appris que sa région du Sud regorge de coopératives d'argan où les femmes rurales font un travail formidable. Quant au choix du village de Toumanar, cela n'a rien de particulier. Le journaliste marocain Youssef Hannani, qui s'o! ccupe d'une rubrique dédiée aux immigrés marocains en France e! st un ami de la famille. Du coup, nous avons sollicité son aide pour nous mettre en contact avec une coopérative d'argan désireuse de se lancer dans la fabrication des savons. On a eu, donc la chance d'avoir affaire au président du réseau des coopératives féminines de la région de Sidi Hmad Oumoussa. Ensuite, nous avons choisi Toumanar, étant un hameau enclavé et dont la population est pauvre, et ce pour qu'elle en tire profit. Nous avons fait don, en plus de la formation prodiguée, aux femmes de la coopérative, de certains équipements que nous avons achetés (et dont, il faut le reconnaître, une partie est réglée par M.Hannani par son propre argent). Comptez-vous suivre ou superviser le projet jusqu'à ce qu'il soit debout sur ses pieds ou votre rôle s'arrête là ? Charlotte Gallois : Non, pas du tout, nous ne comptons pas abandonner le projet dans cette phase. S'il est réussi en amont, le travail en aval en termes de commercialisation, marketing?est tout autant important pou! r sa pérennité. A notre retour en France, nous nous efforcerons de trouver des partenariats et des accords de commercialisation des produits de Targante Ijjane, notamment, auprès des entreprises spécialisées en vente de produits cosmétiques. C'est pour assurer un marché durable et régulier permettant aux femmes de Toumanar de travailler d'une manière permanente. Localement aussi, je pense que les opportunités ne se font pas rares. C'est une piste à creuser ! A voir le nombre d'auberges se trouvant dans la région et à Tiznit, pourquoi ne pas tenter de leur vendre les savons d'argan appréciés par les touristes, dont une grande partie de ces voyageurs sont de plus en plus enclins à dépenser leur argent dans des achats qui profitent aux populations locales? Dans une autre démarche, nous pensons aussi écrire aux guides touristiques des voyageurs (Routard, Michelin?) pour les inviter à orienter les touristes vers Toumanar et sa coopérative. C'est un coin très beau à découvrir qui! promet dépaysement et, de ce fait, n'a besoin que d'un coup de pub et ! de promotion.Libé : Comment vous est venue l'idée de venir ici apprendre aux femmes de fabriquer du savon à partir de l'huile d'argan?Charlotte Gallois : D'abord, je tiens à préciser que nous faisons partie des membres de l'Association des ingénieurs sans frontières. Et comme nous sommes des élèves ingénieures en chimie, nous voulions fructifier nos acquis cognitifs et en faire bénéficier des populations, qui sont dans le besoin. Donc, ce projet rentre dans le cadre de notre action au sein de l'Association. C'est un projet purement humanitaire qui vise à aider, surtout les femmes dans une situation de vulnérabilité sociale, victimes de l'exclusion sociale et économique. Nous pensons également par là concourir à la mise en place par ce biais d'un projet intégrant la notion d'un tourisme solidaire, vert. Puisque la région fréquentée actuellement de temps à autre par les touristes, est promue à devenir une destination à part. D'autant qu'une auberge est ouverte dans le village! , avec à l'entour des motifs d'attraction : propositions de pratique de randonnée dans les montagnes avoisinantes, visite des anciens pressoirs fonctionnant avec des meules en pierre pour produire l'huile d'olive, achat de divers produits de terroir, etc. Donc, c'est très prometteur !Vous avez jeté votre dévolu sur le village reculé de Toumanar pour le faire bénéficier de ce projet. Racontez-nous le pourquoi de ce choix.Sara Tauzin : C'est vrai que cela suscite la curiosité ! Mais, rien qu'à savoir que ma mère (Rachida Belouaza) a des origines marocaines, on a eu le déclic. Ainsi, c'est grâce à ce lien qui m'attache au Maroc que nous avons décidé de porter ce projet ici. Ma mère m'a souvent parlé de son pays, et de là j'ai appris que sa région du Sud regorge de coopératives d'argan où les femmes rurales font un travail formidable. Quant au choix du village de Toumanar, cela n'a rien de particulier. Le journaliste marocain Youssef Hanna! ni, qui s'occupe d'une rubrique dédiée aux immigrés marocains en France! est un ami de la famille. Du coup, nous avons sollicité son aide pour nous mettre en contact avec une coopérative d'argan désireuse de se lancer dans la fabrication des savons. On a eu, donc la chance d'avoir affaire au président du réseau des coopératives féminines de la région de Sidi Hmad Oumoussa. Ensuite, nous avons choisi Toumanar, étant un hameau enclavé et dont la population est pauvre, et ce pour qu'elle en tire profit. Nous avons fait don, en plus de la formation prodiguée, aux femmes de la coopérative, de certains équipements que nous avons achetés (et dont, il faut le reconnaître, une partie est réglée par M.Hannani par son propre argent).Comptez-vous suivre ou superviser le projet jusqu'à ce qu'il soit debout sur ses pieds ou votre rôle s'arrête là ?Charlotte Gallois : Non, pas du tout, nous ne comptons pas abandonner le projet dans cette phase. S'il est réussi en amont, le travail en aval en termes de commercialisation, marketing?est tout autant important pou! r sa pérennité. A notre retour en France, nous nous efforcerons de trouver des partenariats et des accords de commercialisation des produits de Targante Ijjane, notamment, auprès des entreprises spécialisées en vente de produits cosmétiques. C'est pour assurer un marché durable et régulier permettant aux femmes de Toumanar de travailler d'une manière permanente. Localement aussi, je pense que les opportunités ne se font pas rares. C'est une piste à creuser ! A voir le nombre d'auberges se trouvant dans la région et à Tiznit, pourquoi ne pas tenter de leur vendre les savons d'argan appréciés par les touristes, dont une grande partie de ces voyageurs sont de plus en plus enclins à dépenser leur argent dans des achats qui profitent aux populations locales? Dans une autre démarche, nous pensons aussi écrire aux guides touristiques des voyageurs (Routard, Michelin?) pour les inviter à orienter les touristes vers Toumanar et sa coopérative. C'est un coin très beau à découvrir qui! promet dépaysement et, de ce fait, n'a besoin que d'un coup de pub et ! de promotion.

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